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Psychologie ayurvédique

Qu'est-ce que la psychologie ayurvédique ?

Une branche entière de l'Ayurvéda est consacrée à la vie psychique. Elle regarde trois choses : qui vous êtes, ce qui monte de votre terrain, et ce qui vient du dehors et reste.

Illustration au trait : profil humain dont l'interieur est un reseau de points relies, entoure de rameaux et de cercles concentriques, evoquant la psychologie ayurvedique

Qu'est-ce que la psychologie ayurvédique ? C'est l'une des huit branches de l'Ayurvéda — son nom traditionnel est bhûtavidyâ — et elle est consacrée à la vie psychique. Elle distingue trois registres : la personnalité, décrite par seize types ; les troubles qui naissent de la physiologie de la personne, expliqués par les dosha ; et ceux qui viennent du dehors et se logent en elle, que la tradition nomme graha. Ce troisième registre recouvre ce que nous appelons aujourd'hui le traumatisme et l'empreinte qu'il laisse.

Une branche à part entière

On présente souvent l'Ayurvéda comme une médecine du corps : l'alimentation, les saisons, les massages, les plantes. C'est exact, et c'est incomplet.

L'Ayurvéda se divise en huit branches. La médecine générale, la chirurgie, les affections de la tête, la toxicologie, la pédiatrie, le rajeunissement, la vitalité — et une branche entière consacrée au psychisme, qui porte un nom : bhûtavidyâ. Les trois grands traités classiques lui consacrent des chapitres entiers, au même titre qu'à la chirurgie.

Autrement dit : quand quelqu'un va mal dans sa tête, l'Ayurvéda ne renvoie pas à autre chose. Elle a son propre regard, son propre vocabulaire et ses propres moyens.

Trois portes

La première est celle de la personnalité. Charaka décrit seize constitutions mentales — seize manières cohérentes de percevoir, de réagir, d'aimer, de se défendre, portant des noms de dieux, de sages, d'animaux et de figures mythologiques. Certaines rendent la vie facile. D'autres la rendent difficile, pour l'entourage et souvent pour soi-même.

Une constitution mentale décrit une manière d'être, pas un trouble.

C'est un point cardinal de la lecture ayurvédique : la typologie des seize types et la description des troubles psychiques occupent deux endroits distincts du corpus. La première dit comment une personne fonctionne, la seconde ce qui se dérègle. Repérer votre constitution ne revient donc jamais à poser un diagnostic — l'Ayurvéda n'en pose pas, et laisse cela à la médecine.

La deuxième porte est la mieux connue : celle des dosha poussés à leur extrême. Vâta produit l'anxiété, l'agitation, l'insomnie, les pensées qui fuient. Pitta, l'irritabilité, la colère, l'incendie intérieur. Kapha, la lourdeur, l'immobilité, l'effondrement. Ici, le trouble monte du terrain de la personne, et c'est sur ce terrain qu'on travaille.

Reste la troisième, et c'est celle que la psychologie ayurvédique regarde vraiment. Certains troubles ne s'expliquent pas par la physiologie de la personne. Ils sont rapportés à quelque chose qui lui est extérieur. C'est ce que la tradition appelle graha.

Ce que veut dire graha

Le mot vient d'une racine sanskrite qui signifie saisir, empoigner, prendre. Il ne dit rien de la nature de ce qui saisit : il décrit uniquement le rapport. Quelque chose a pris.

Et c'est exactement ce que les gens décrivent après une période de violence, d'emprise ou de choc. Non pas « je suis possédé », mais : je ne me reconnais plus. Ces pensées ne me ressemblent pas. J'entends sa voix quand je me juge. Je me vois faire, et je n'arrive pas à m'arrêter.

Ce n'est pas une force qui vous possède. C'est une force qui vous dépossède. La faille s'est ouverte, et quelque chose s'y est logé qui ne vous appartient pas.

Ce que la démarche regarde

En consultation, le travail consiste à démêler ces trois registres. Votre constitution mentale d'abord — votre manière propre de fonctionner, qui est votre nature et n'a pas à être corrigée. L'état de vos dosha ensuite, c'est-à-dire ce que votre terrain produit en ce moment, et qui se travaille par l'hygiène de vie, l'alimentation et les soins. Puis ce qui ne vous appartient pas : les contenus déposés par quelqu'un d'autre, qui se comportent comme un corps étranger. Et enfin les conditions dans lesquelles vous étiez atteignable — l'isolement, l'absence de tiers, la rupture des rythmes.

Cette distinction n'est pas théorique, elle change tout le travail qui suit. Si un contenu vous appartient, il se corrige, se travaille, s'assouplit. S'il ne vous appartient pas, la question devient autre : l'identifier, le nommer, et le remettre à sa place — dehors.

Rien de tout cela n'est un diagnostic. L'Ayurvéda ne nomme pas de maladie et ne prescrit pas de traitement. Elle propose une lecture, et un travail.

Ce que change le fait de nommer

Beaucoup de gens arrivent en pensant qu'ils sont devenus quelqu'un d'autre. Qu'il y a en eux quelque chose de mauvais, d'irrécupérable, qui leur appartient en propre.

Découvrir qu'une partie de ce qu'ils portent a été déposée — que ce n'est pas eux, que cela a une origine, une date, un auteur — produit souvent un soulagement immédiat. On cesse de se battre contre soi-même. On commence à voir contre quoi on se bat réellement.

C'est ce que la psychologie ayurvédique offre de plus précieux : un langage précis, ancien et symbolique pour nommer ce qui nous dépossède. Et nommer, quand on souffre, est déjà un commencement.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut savoir

Qu'est-ce que la bhûtavidyâ ?

C'est le nom traditionnel de la psychologie ayurvédique : l'une des huit branches de l'Ayurvéda, au même titre que la chirurgie ou la pédiatrie. Elle est consacrée à la vie psychique — la personnalité, les troubles nés de la physiologie de la personne, et ceux qui viennent du dehors et se logent en elle.

À qui s'adresse la psychologie ayurvédique ?

À toute personne qui traverse une période où elle ne se reconnaît plus : des pensées qui ne semblent pas les siennes, des réactions disproportionnées, l'impression d'agir contre soi-même. Elle intéresse aussi ceux qui souhaitent simplement comprendre leur fonctionnement à partir de leur constitution mentale, en dehors de tout contexte de souffrance aiguë.

La psychologie ayurvédique remplace-t-elle un suivi psychologique ?

Non. C'est une approche complémentaire, qui ne pose aucun diagnostic et ne se substitue ni à la psychiatrie ni à la psychologie clinique. Si vous traversez les suites de violences, un accompagnement spécialisé en psychotraumatologie reste la première ressource à mobiliser.

Comment se déroule un accompagnement ?

Le bilan se déroule sur deux séances minimum, au cabinet à Albi ou en visioconférence. La première sert à repérer la constitution mentale, l'état des dosha et ce qui s'est logé dans la faille. La suite consiste à nommer ce qui n'appartient pas à la personne et à le remettre à sa place.

Morgane Vasoni

Thérapeute et psycho-praticienne en Ayurvéda, formée auprès du vaidya Mahesh Mishra et de guérisseurs traditionnels en Inde et au Népal. Elle est l'auteure du seul ouvrage en langue française consacré à la bhûtavidyâ, la psychologie ayurvédique traditionnelle, et reçoit au cabinet Castelviel à Albi ainsi qu'en téléconsultation.

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